En découdre – Faire peau neuve → Habitat

En découdre – Faire peau neuve → Habitat, c’est d’abord un processus de destruction. Découpe et déchirure de vêtements mis au rebus, à même le corps, ces mues successives viennent métaphoriser l’ambiguïté des rapports humains : entre protection et exposition, distance et promiscuité ou encore violence et retenue. Pendant un mois, en effet, chaque personne entrant dans l’atelier s’est vue invitée ou contrainte à “faire un geste” : une découpe au moins sur les fripes que j’enfilais pour l’occasion. Le sol s’est alors peu à peu jonché de lambeaux. Puis prenant pour point de départ ces traces laissées au sol, une enveloppe a commencé s’élever.

Les lambeaux de vêtements sont cousus ou seulement épinglés les uns aux autres et forment une double membrane suturée qui vient former une hutte, un habitat primaire. L’installation évoque aussi un organe démesuré qui se déploie hors corps. Il y a en effet quelque chose qui se joue de l’ordre du corps sacrifié, de plusieurs corps même, pour lesquels la mise en espace fait office de transformation mais aussi de réparation…